Agriculture : le gouvernement veut réduire les pesticides de 50% d'ici 2025

La France est le troisième pays le plus consommateur au monde de pesticides. Malgré les risques sur la santé et les différentes pollutions, jamais autant de produits phytosanitaires n'ont été déversés dans les champs.


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Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture, a présenté, ce vendredi, les grandes lignes de son plan Ecophyto. L'objectif ? Réduire de moitié l'usage des pesticides à l'horizon 2025 avec un palier intermédiaire de 25 % pour 2020.

Ce plan intervient alors qu'un premier décidé en 2008 dans le cadre du Grenelle de l'environnement qui prévoyait la réduction de moitié des herbicides et pesticides d'ci à 2018 s'est soldé par un échec. Au contraire, pendant cette période, le recours à ces produits a progressé de l'ordre de 10% entre 2009 et 2013 en partie à cause d'un usage très intensif de ces antiparasites.

Si ce plan doit être discuté jusqu'en juin avec une application possible dès le second semestre, plusieurs axes reprennent les propositions du rapport de Dominique Potier (député PS de Meurthe-et Moselle), remis le 23 décembre au gouvernement.

Ce nouveau plan devrait bénéficier d'une enveloppe totale de 70 millions d'euros. Sur le fond, le gouvernement veut s'appuyer sur l'exemple d'un réseau de fermes qui sont parvenues à baisser de 7% leurs traitements en 2012 et de 12% en 2013. «Il faut diffuser ces bonnes pratiques», a expliqué Stéphane Le Foll qui souhaite «porter le nombre de ces fermes à 3000 contre 2000 aujourd'hui».

VIDEO. Le Foll entend réduire les pesticides de 50% d'ici 2025

Les jardins des particuliers et dans les espaces publics aussi ciblés

Par ailleurs, un dispositif expérimental de «certificats d'économie de produits phytosanitaires» sera également mis en place, avec une obligation, pour les distributeurs de ces produits, de baisser de 20% les doses utilisées sur cinq ans. Si ce seuil n'est pas atteint, le distributeur sera pénalisé financièrement.

Un autre enjeu concerne l'emploi de ces produits dans les jardins des particuliers et dans les espaces publics. Dans ce domaine, des résultats ont déjà été obtenus avec une baisse de l'ordre de 8% entre 2012 et 2013. Par ailleurs, la loi de transition énergétique qui est en discussion a prévu d'interdire ces produits dans les espaces verts à partir du 31 décembre 2016.

Stéphane Le Foll souhaite aussi développer les alternatives naturelles aux pesticides : un insecte qui neutralise un autre insecte ravageur, des algues pour stimuler les défenses des arbres fruitiers...

VIDEO. La mairie de Versailles n'utilise plus de pesticides pour l'entretien de ses espaces verts

Dernier levier: l'innovation des machines agricoles avec des services cartographiques de plus en plus précis permettant des traitements mieux ciblés et mieux optimisés.

Sans surprise, ce plan est mal perçu chez les industriels. «Cet objectif de réduction chiffré, pose question. L'objectif pour nous est de réduire les impacts (sur l'eau, sur la santé...), pas les quantités», a répliqué Eugénia Pommaret, directrice générale de l'Union des industries de la protection des plantes (UIPP). De la même manière, les écologistes reprochent au gouvernement de ne pas aller suffisamment loin sur l'interdiction de certains insecticides à l'origine, selon eux, du déclin des abeilles et des insectes pollinisateurs.

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